Les troubles cognitifs ne renvoient pas systématiquement à Alzheimer. Parmi les patients présentant une détérioration progressive des fonctions intellectuelles, plusieurs pathologies moins médiatisées présentent des tableaux cliniques, des trajectoires et des besoins thérapeutiques différents. Reconnaître ces entités permet d’adapter l’évaluation, le suivi et les interventions, et d’orienter les familles vers des ressources appropriées.
Démence à corps de Lewy : cette maladie associe souvent des fluctuations de la vigilance, des hallucinations visuelles et des signes parkinsoniens. Son expression cognitive peut être hétérogène, avec des troubles attentionnels et visuo‑spatiaux marqués. La sensibilité aux médicaments neuroleptiques et l’impact sur les fonctions motrices imposent une vigilance particulière lors des prescriptions. Le diagnostic repose sur un faisceau d’éléments cliniques et d’examens spécialisés, et la prise en charge nécessite une coordination entre neurologues, gériatres et équipes paramédicales.
Dégénérescence lobaire frontotemporale : caractérisée par des modifications du comportement, de la personnalité ou des troubles du langage, cette affection survient fréquemment à un âge plus précoce que l’Alzheimer. Les patients peuvent présenter désinhibition, apathie ou difficultés progressives d’expression et de compréhension. Les stratégies thérapeutiques sont essentiellement symptomatiques et reposent sur un accompagnement multidisciplinaire visant la prise en charge comportementale, la rééducation orthophonique et le soutien des aidants.
Atteinte cognitive d’origine vasculaire : liée à des lésions cérébrales ischémiques chroniques ou à des événements vasculaires, elle se manifeste souvent par une évolution en paliers, des troubles exécutifs et des signes neurologiques focaux. La prévention secondaire et le contrôle des facteurs vasculaires constituent des éléments centraux de la prise en charge. Le diagnostic différentiel avec d’autres causes de démence repose sur l’imagerie, l’examen clinique et l’évaluation des comorbidités. Dans tous les cas, identifier la cause précise des troubles cognitifs influe sur le pronostic, les options thérapeutiques et l’organisation du suivi médical et social.



