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The Lanskies – Jacky

Près de vingt ans d’amitié plus tard, Caroline Hjelt et Aino Jawo, le duo suédois Icona Pop, dévoilent Ritual, leur quatrième album studio annoncé pour le 14 août. Un disque cathartique nourri par la maternité, les ruptures, le divorce et l’anxiété — autant d’épreuves qu’il leur a fallu traverser séparément avant de se retrouver. Entretien croisé avec deux amies qui reviennent de loin.

Après presque vingt ans d’amitié, Icona Pop a dû faire un choix. Les deux membres du duo suédois, d’ordinaire inséparables — Caroline Hjelt et Aino Jawo, celles du tube « I Love It » (2013) avec Charli XCX — traversaient un séisme intime fait de maternité, de chagrin, de divorce, d’une anxiété qui ne les lâchait plus, d’amour et de renaissance. Et il leur fallait le traverser seules, chacune de son côté, pour se retrouver elles-mêmes, et se retrouver l’une l’autre.

Aujourd’hui, Caroline Hjelt et Aino Jawo s’apprêtent à sortir leur quatrième album studio, Ritual, annoncé pour le 14 août. Un disque dédié en partie aux petits gestes du quotidien qui peuvent sortir une âme du chagrin.

« On traversait toutes les deux beaucoup de changements », raconte Caroline Hjelt à Rolling Stone, par Zoom depuis Stockholm. « Sur l’intime, tu peux être là pour l’autre, mais tu ne peux pas régler son problème. Il faut se donner du temps pour guérir et grandir. »

Quand elles ont été prêtes, reprend Jawo : « On a dû choisir Icona Pop, à nouveau. » D’une certaine manière, ajoute-t-elle, c’était un choix évident : « On n’a jamais douté, mais ça aurait pu arriver. »

Une « nouvelle ère Icona Pop »

Résultat : un disque aux sonorités cathartiques, où le duo se débarrasse ostensiblement du passé. « C’est une nouvelle ère Icona Pop », tranche Jawo. Les morceaux sont plus vulnérables, plus mordants, plus lucides que jamais — avec, dans certains cas, des paroles tirées mot pour mot du journal intime de Hjelt. « Je ne crois pas que les gens comprennent à quel point cet album est honnête », ajoute Jawo. « On sait très bien écrire des chansons sur des chagrins d’amour et les planquer dans des mélodies joyeuses. Mais là, c’était plutôt : au diable tout ça. On y va à fond. »

Ritual est aussi le premier album entièrement conçu dans leur propre studio — un espace qu’elles ont déniché à la toute fin de Club Romantech, leur album de come-back en 2023. Remplir un lieu créatif avec les gens qu’elles aiment a toujours été leur rêve. L’équipe du disque réunit leurs producteurs principaux Sebastian Furrer (également co-auteur) et Jason Gill, les co-autrices et co-auteurs Ines Dunn, Erik Hassle et Yaeger (déjà présente sur « Shit We Do For Love » sur l’album précédent), leur amie et compatriote Tove Lo, ainsi que Daya, sur le morceau-titre. « C’est notre lieu heureux », résume Hjelt.

Aino : le deuil, l’anxiété et les petits rituels

Jawo se laisse émouvoir en évoquant le chemin parcouru. Il y a un an, elle était encore dans un « état vraiment pas bon », après la mort de sa grand-mère. Elle venait aussi d’accoucher de son deuxième enfant, et sentait un basculement émotionnel autant que physique. « Je suis restée alitée pendant des semaines », raconte-t-elle, ajoutant qu’elle était constamment malade à ce moment-là. « Ton corps t’envoie tellement de signaux avant de te dire au revoir. »

Elle s’est mise à interroger ce qu’elle voulait vraiment de sa vie. « Quand j’ai eu mon premier enfant, j’essayais de faire rentrer mon ancienne Aino dans la nouvelle. Je crois que c’est là que tout est parti de travers. J’essayais d’être une « super cool pop star de la fête », et ça ne me ressemble pas du tout », dit-elle. « J’aime faire la fête — mais j’ai aussi eu une anxiété sévère quasiment toute ma vie, et la sociabilité peut devenir très pénible pour moi. Tout ça m’a vidée pendant des années, il fallait que je prenne ce temps, que je lèche mes blessures et que je reconstruise la vie dont je rêve. »

Tout a commencé par de petites promenades, raconte Jawo, et par des cafés avec Hjelt. Après, elle rentrait chez elle et dormait des heures — puis, peu à peu, elle est parvenue à remettre le pied dehors. Elle souligne aussi la chance d’avoir eu Hjelt et son propre mari comme piliers pendant cette période.

Ces paliers de reconstruction se retrouvent dans le titre-phare Ritual, particulièrement cher à Jawo. « [Le morceau] parle des petits rituels que tu mets en place pour retrouver la nouvelle toi, pour recoller ta vie. On peut aider son corps à guérir rien qu’en regardant les choses autrement. »

Caroline : le divorce, le journal intime et Los Angeles avec Tove Lo

Au même moment, Hjelt traversait un divorce avec tout ce que cela charrie. Au moins un morceau de l’album, dit-elle, exprime son « acceptation brutale » : trouver la beauté au milieu de la douleur et de la tristesse, et se dire que ça va aller.

« Je me suis retrouvée d’un coup avec beaucoup de temps à passer seule avec moi-même, c’était très dur, mais j’ai énormément appris », dit Hjelt, qui s’est mise à se réfugier au studio. Pour se remettre à l’écriture, elle est partie à Los Angeles rendre visite à Tove Lo, qui lui a conseillé d’ouvrir son journal intime comme source d’inspiration. « On a commencé à écrire, et tout est venu très naturellement », raconte Hjelt. « Puis, quand je suis allée enregistrer la démo, j’ai failli faire une crise de panique : j’avais vraiment ouvert quelque chose qui devait sortir. »

Un tournant qui lui a fait comprendre qu’Icona Pop n’allait pas contrôler ce que cet album deviendrait, et qu’il fallait accepter l’inconnu.

Cela a exigé une mue, aussi, dans leur amitié. « On était devenues très bonnes pour se protéger l’une l’autre, presque trop peur de se blesser mutuellement », dit Hjelt. « Maintenant, on est dans un endroit magnifique où on peut être complètement honnêtes et directes — parce qu’on y est allées. »

Elle enchaîne : « Tout l’album parle d’être forcée de traverser un changement, de l’acceptation de là où tu en es et de cette impression de t’être perdue, puis du chemin pour te retrouver. »

Ferrari, Volvo et un diagnostic TDAH

Des morceaux comme « Dance to This » — lettre d’amour au fait de se perdre et de se retrouver sur la piste — ou « Ritual » incarnent cette renaissance. Une ligne de « Ritual », en particulier, résume leur redécouverte d’elles-mêmes — ou, comme le formule Jawo, la « mort de l’ego ». Hjelt explique qu’un couplet parle d’un ami proche qui est allé voir « un homme-médecine à la recherche de réponses », et à qui on a dit : « Ton corps est froid. Tu dois danser et manger chaud. Il faut remettre du vivant dans ton corps. » L’invitée Daya pose sa voix sur cette partie, avant que le refrain ne répète : « This is my ritual / Yeah, I do it to survive. »

Une autre ligne du morceau est inspirée par la thérapeute de Jawo, qui lui avait lancé : « Caroline, elle est comme une Ferrari. Elle conduit vite, très vite. Toi, tu es comme une Volvo. Tu vas la rejoindre, mais il te faut juste un peu plus de temps. Tu n’es pas aussi rapide que la Ferrari, mais tu es tout aussi bonne. » Jawo explique que c’est une façon d’accepter leurs rythmes à chacune et de laisser l’autre « courir librement ».

« Quand tu m’as dit ça, c’était la même semaine que celle où j’ai appris que j’avais un TDAH », glisse Hjelt à Jawo. « Tout a pris du sens. Je vais vite, mais c’est aussi important, parfois, de se dire : « Attends, réfléchissons à ça. » C’est une affaire d’équilibre… C’est drôle, parce qu’on a énormément grandi, on est devenues plus sages — et pourtant je me sens plus jeune. »

2009, Stockholm, deux gamines du club — et une mission

Alors, après tant d’années et tant de changements, qu’est-ce qui les ramène toujours l’une à l’autre ? « Je pense qu’on a sans doute vécu ensemble de nombreuses vies », dit Hjelt, qui se tourne vers Jawo : « Tu m’es tellement familière. Tu es comme une sœur. Il y a quelque chose qui nous ramène sans arrêt l’une vers l’autre. »

À sa manière, Ritual célèbre aussi les deux gamines du club qui se sont rencontrées en soirée à Stockholm en 2009. « Tout le monde pouvait être qui il voulait. Si tu étais triste, tu allais au club, tu pleurais en dansant, puis tu parlais à tes amis, et c’était OK », se souvient Hjelt. « C’était une communauté magnifique, et je ne sais pas qui on serait sans ça. »

« Ce n’est plus aussi simple de retrouver ça aujourd’hui », ajoute-t-elle. « Alors c’est peut-être ce qu’on doit faire. C’est peut-être notre mission. »

Par Charisma Madarang

Traduit par la rédaction.


Source:

www.rollingstone.fr

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