Léon XIV est peut-être le premier pape américain. Mais on pourrait presque dire qu’il vient d’Algérie. Spirituellement, du moins, puisque son ascendance se situe quelque part dans la région orientale d’Annaba (l’ancienne Hippone), où est né, a vécu et s’est éteint le plus grand théologien de l’histoire du christianisme : saint Augustin (354-430). « Je suis un fils de saint Augustin, un augustinien », affirmait le nouveau pontife une heure à peine après son élection.
C’est donc sur les traces d’un père spirituel que le Saint-Père s’est rendu, mardi 14 avril, dans le cadre d’un voyage qui le conduira d’Algérie au Cameroun, puis en Angola et en Guinée équatoriale.
Des dix jours de ce périple, celui-là, s’ouvrant par une visite du site archéologique d’Hippone et ponctué par une messe dans la basilique Saint-Augustin, était l’un des plus symboliques. Et sûrement l’un des plus politiques, à l’heure où saint Augustin est brandi comme inspiration intellectuelle par le vice-président américain, J. D. Vance, qui cite La Cité de Dieu comme son livre cardinal.
Depuis son élection, le 8 mai 2025, Léon XIV a placé Augustin au cœur de son pontificat, jusqu’à en inspirer les symboles. Sur ses armoiries figurent l’emblème des augustins (un cœur enflammé posé sur une bible et transpercé par une flèche), et sa devise, « In illo uno unum » (« en celui qui est un, soyons un »), est tirée d’un écrit de l’évêque d’Hippone qui met l’accent sur l’unité de l’Eglise.
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Source:
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