Neuf buts, des moments d’anthologie… mais des défenses inexistantes et un spectacle tout de même alarmant pour le football? C’est la prise de position de Fred Hermel et de Clarence Seedorf au sujet du PSG-Bayern de mardi soir, à laquelle a tenté de répondre Daniel Riolo, mercredi dans « l’After Foot » sur RMC. « Le débat principal, c’est celui sur la philosophie des coachs », estime l’éditorialiste.
Contre l’unanimité presque incontestable face à la quintessence de football livrée lors de PSG-Bayern Munich (5-4), mardi en demie aller de Ligue des champions, quelques voix dissonnantes se sont élevé ça et là. Notamment en Angleterre et en France, où Clarence Seedorf et Fred Hermel ont révélé avoir peu goûté ce football total. Jugé à l’accès, et au détriment de l’aspect défensif.
Des prises de positions controversées, auxquelles Daniel Riolo a tenté de répondre ce mercredi soir, quelques minutes après un Atlético de Madrid-Arsenal bien moins féérique (1-1).
« Même si je trouve le propos de Seedorf très intéressant, je ne suis pas d’accord avec lui. Platini, à qui j’ai envoyé un message, m’a dit: ‘Pour le grand public c’était très spectaculaire et ça a dû plaire à beaucoup de gens. Mais effectivement: où sont les gardiens, et où sont les défenseurs?’ Moi, je reste sur l’idée que j’ai vu un très grand match. »
« J’aime la notion de déséquilibre qui a été amenée par certains coachs »
« Le débat principal, c’est celui sur la philosophie des coachs », poursuit Riolo. « Pendant des années, on m’a dit ‘équilibre-déséquilibre’. J’aime la notion de déséquilibre qui a été amenée par certains coachs. Voir des latéraux qui ne savent plus défendre, qui ne savent que contre-attaquer, c’est une évolution du football. Tu as le droit de considérer que gagner 4-3 c’est mieux que de gagner 1-0 parce que tu as mis en place un jeu défensif. C’est juste un choix de football », estime l’éditorialiste.
« Ça m’embêterait si on avait que des matches comme ça, feu d’artifice, où tu n’aurais rien d’autre que de l’intensité, aucun contrôle, aucune maîtrise ou réflexion. Là, c’était un one shot parce que, comme l’ont dir Luis Enrique et (Vincent) Kompany: ils sont dans des réflexions footballistiques, dans des envies de jouer où ils sont prêts – parce qu’ils assument – à prendre des risques et des buts. »
Hermel et le « symbole de l’époque TikTok »
Et Daniel Riolo de conclure face à ce débat tranché: « Si Seedorf a raison, qu’Arsenal se retrouve en finale, et qu’en jouant comme ils jouent ils battent le Bayern ou le PSG, là j’applaudirai. Parce que tu m’auras fait un truc auquel, un, je ne crois pas; et deux, qui n’est pas mon football. Je dirai bravo. Comme je peux avoir une affection particulière pour l’Atlético et ce qu’ils font depuis des années – même si c’est à l’opposée de ce que j’aime dans le foot. »
Dans l’émission Estelle Midi sur RMC, Frédéric Hermel avait proposé une analyse de PSG-Bayern bien loin des superlatifs utilisés par la grande majorité du monde du football. A l’inverse de la presse internationale en extase, le journaliste a critiqué ce festival offensif, qualifié de « symbole de l’époque TikTok ».
Clarence Seedorf, lui, avait expliqué pourquoi il voyait désormais Arsenal, si les Gunners passaient l’obstacle Atlético de Madrid, remporter la Ligue des champions grâce à sa capacité à ne pas encaisser beaucoup de buts. Que ce soit l’armada des Parisiens ou des Bavarois en face.
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rmcsport.bfmtv.com



