AccueilÉconomieNordin Aboussaid : bâtir des ponts, créer des opportunités

Nordin Aboussaid : bâtir des ponts, créer des opportunités

Profils mensuels — Opinion Mondiale

Chaque mois, Opinion Mondiale met en lumière une personnalité à travers un entretien consacré à son parcours, à ses engagements et à sa vision. Ce mois-ci, notre choix s’est porté sur Nordin Aboussaid, un entrepreneur qui fait du lien entre les personnes, les cultures et les projets le fil conducteur de son action.

Entre la Belgique et le Maroc, avec un regard tourné vers l’Afrique, il défend une conception de l’entrepreneuriat fondée sur la confiance, la loyauté et l’utilité. De son héritage familial à ses ambitions pour la diaspora, de l’innovation dans le domaine de l’eau aux enseignements de son parcours, il se confie sur ce qui l’anime : créer, relier et transmettre.

Entretien mené par Isaac Hammouch

Des valeurs pour boussole

Au-delà de vos fonctions et de vos entreprises, qui est vraiment Nordin Aboussaid ?

Nordin Aboussaid. Je me considère comme un bâtisseur de liens. Je suis surtout un homme profondément convaincu qu’à chaque problème correspond une solution. Tout ce qui nous arrive dans la vie peut devenir une opportunité : une opportunité d’agir, de créer, d’innover et de nous réaliser.

Je crois que tout ce que nous traversons a un sens, même si, sur le moment, nous n’en comprenons ni l’origine ni la raison. Comme chacun, j’ai des qualités et des défauts. Nos faiblesses peuvent aussi devenir des occasions d’apprendre, de grandir et de mieux nous connaître.

Les valeurs qui m’animent ne m’ont pas toujours empêché de me tromper. Elles ont parfois été mises à l’épreuve, mais elles demeurent ma boussole : le respect, la générosité, la gratitude, la loyauté, la fidélité, la bienveillance, l’intégrité et l’empathie. Selon moi, elles émanent d’une même source : l’amour. Lorsque nous aimons véritablement une personne, une cause ou ce que nous faisons, nous sommes capables de nous transcender.

Je place néanmoins le respect au-dessus de tout. L’amour est un sentiment puissant, mais il peut évoluer avec le temps. Le respect, lui, est un choix quotidien et personnel. C’est une discipline, ce qui protège l’amour et lui permet de durer.

Voilà qui je suis : un homme qui essaie de transformer les épreuves de la vie en occasions de grandir, de se réaliser et d’être utile aux autres.

Qu’est-ce que votre enfance et votre environnement familial vous ont transmis ?

Je viens d’un environnement familial dans lequel le travail, le respect, la solidarité et la persévérance n’étaient pas de simples principes : ils faisaient partie du quotidien.

Mes parents m’ont inculqué très tôt le sens de la responsabilité et du devoir envers les autres, particulièrement envers mes deux frères et ma sœur. J’ai donc appris très jeune qu’être au service de l’autre n’était pas seulement une qualité, mais presque un devoir.

Cette volonté de servir est devenue le fil conducteur de ma vie, dans mes relations personnelles comme dans mon parcours professionnel.

Comment êtes-vous entré dans l’entrepreneuriat : par vocation ou à la faveur d’une opportunité ?

Lorsque l’on considère ce qui se présente dans la vie comme une opportunité, entreprendre devient une conséquence naturelle. Certaines occasions sont immédiatement visibles ; d’autres se cachent derrière un problème, une frustration, un besoin ou une épreuve. Encore faut-il les reconnaître et oser les saisir.

Pour y parvenir, il faut notamment dépasser la peur. Elle est, à l’origine, un sentiment salutaire : elle nous protège, nous alerte et nous évite parfois de prendre des risques inconsidérés. Mais je m’oppose à ce que le profit se nourrisse de la peur ou de la vulnérabilité d’autrui.

Gagner de l’argent n’est pas quelque chose de mauvais. C’est vertueux lorsque les deux parties s’y retrouvent : l’acheteur reçoit une véritable valeur et le vendeur est justement rémunéré.

C’est en observant les besoins, en refusant la fatalité et en recherchant des solutions que je suis devenu entrepreneur. Ce n’était pas uniquement une vocation ni une occasion qui s’est présentée : c’était la conséquence naturelle de ma manière de regarder la vie.

Quels ont été les grands tournants de votre parcours professionnel ?

Ils correspondent presque toujours aux moments où je suis sorti de ma zone de confort. Chaque fois que je me suis retrouvé face à une difficulté, une incertitude ou un environnement nouveau, j’ai dû chercher en moi des ressources que je ne pensais pas forcément posséder.

L’action et la volonté de m’en sortir m’ont permis de me dépasser. L’inconfort m’a souvent obligé à réfléchir autrement, à apprendre, à innover et à me réinventer.

Avec le recul, je constate que mes plus grandes transformations ne se sont pas produites lorsque tout allait bien. Elles sont survenues lorsque la vie m’a placé face à une situation que je ne maîtrisais pas encore. C’est dans ces moments-là que je me suis le plus réalisé.

Vous avez évolué dans plusieurs domaines. Quel est le fil conducteur de cette diversité ?

Ma propension naturelle à considérer que tout est lié. À chaque effet correspond une cause. Lorsque l’on se contente de traiter un symptôme, on peut avoir l’impression de résoudre un problème alors qu’on ne fait que le déplacer ou le retarder.

Ma démarche consiste à rechercher la cause derrière chaque effet. En remontant suffisamment loin, on perçoit les liens entre les personnes, les secteurs, les entreprises et les enjeux de société.

Je ne considère donc pas avoir évolué dans des mondes totalement séparés. Je vois différentes facettes d’une même réalité : des besoins humains auxquels il faut apporter des solutions utiles, responsables et durables. Comprendre ce qui relie les choses pour agir sur les causes, plutôt que seulement sur leurs conséquences, est le fil conducteur de ma carrière.

Agir, apprendre et rebondir

Parmi vos réalisations, lesquelles vous rendent le plus fier ? Et quelle a été votre décision la plus audacieuse ?

Ce qui me rend le plus fier, ce ne sont pas nécessairement les entreprises que j’ai créées ni les chiffres que j’ai réalisés. C’est lorsqu’une personne revient me voir, parfois plusieurs années plus tard, et me dit : « À cette période de ma vie, j’avais besoin d’un travail. Ce que vous m’avez dit m’a aidé. Vous m’avez donné une opportunité et, grâce à cela, j’ai pu vivre, avancer ou me réaliser. »

Cela m’est arrivé à plusieurs reprises. Des personnes sont revenues me remercier pour une chance que je leur avais donnée, une parole que j’avais prononcée ou une confiance que je leur avais accordée. Cela me touche toujours. Ce sont ces moments qui donnent véritablement du sens à mon parcours.

Je suis également fier de ce que nous avons entrepris pendant la crise du Covid. Avec mon équipe, nous avons mis en place un service de dépistage permettant de remettre un résultat en moins d’une heure. Pendant plus de trois mois, j’ai sillonné la Belgique pour apporter cette solution là où elle pouvait être utile. J’ai aussi eu l’occasion de tester dans l’urgence, à plusieurs reprises, les cavaliers de la Fédération royale marocaine de sport équestre.

Cette initiative a été ma décision la plus audacieuse. Je voulais contribuer à désengorger les structures de santé et répondre à l’attente de personnes inquiètes, notamment à l’idée de contaminer leurs proches. Notre dispositif a notamment été présenté, à l’époque, comme un service privé rapide dont le résultat ne bénéficiait pas encore d’une reconnaissance légale officielle. L’initiative a suscité des réactions médiatiques et juridiques.

Ma motivation restait de servir et d’apporter une réponse à un besoin réel. Par la suite, des décideurs politiques, des autorités et de nombreuses entreprises nous ont sollicités pour organiser des dépistages. Avec le recul, je ne prétends pas que tout était parfait, mais je sais pourquoi j’ai agi : je ne pouvais pas me résoudre à rester spectateur.

Quelle difficulté vous a le plus appris dans votre vie professionnelle ?

Mes échecs m’ont davantage appris que mes réussites. Ils m’ont obligé à prendre conscience de mes erreurs et de mes propres défauts. Prendre conscience permet de comprendre ; comprendre permet de mieux appréhender ses comportements et de prendre de meilleures décisions pour l’avenir.

Mon plus grand échec professionnel a été de poursuivre des activités dans lesquelles je ne mettais plus suffisamment d’amour, d’envie ou d’énergie. Je les ai parfois maintenues pour préserver des relations, sauvegarder des emplois ou ne pas donner à mes collaborateurs le sentiment de les abandonner. Une équipe finit par devenir une famille.

Mais j’ai compris qu’en poursuivant une activité que l’on n’aime plus ou dans laquelle on ne croit plus, on ne protège personne durablement. On ne fait que retarder une issue qui devient inévitable. Mon erreur n’a donc pas été d’arrêter trop tôt : elle a été de continuer trop longtemps.

Avez-vous connu des moments de doute ? Qu’est-ce qui vous a permis de rebondir ?

Oui. Ce qui m’a permis de rebondir, c’est ma capacité à revenir aux fondamentaux : mes valeurs, ma famille et mes vrais amis. C’est aussi me nourrir de générosité, de bienveillance, de rires et de joie, tout en offrant cela aux autres.

Dans les moments difficiles, il est essentiel de relativiser. Je ne parle pas seulement d’abondance matérielle, mais d’abondance de liens, de confiance, d’amour, de reconnaissance et de gratitude. Lorsque l’on se concentre exclusivement sur ce que l’on a perdu, on risque de ne plus voir tout ce qui demeure autour de soi.

Dans ces périodes, je reviens à l’essentiel et je me dis : « Merci la vie. » J’ai même envie de dire : « Alhamdoulillah. » Merci pour ce qu’elle m’apporte, dans les bons moments comme dans les épreuves, parce qu’il existe toujours un enseignement derrière ce que nous traversons.

Ce n’est pas toujours facile à comprendre sur le moment. Mais, avec le recul, les périodes les plus difficiles ont souvent préparé les évolutions les plus importantes de mon existence.

Avec l’expérience, êtes-vous devenu plus prudent ou continuez-vous à vous fier à votre intuition ?

Je fonctionne toujours énormément à l’intuition. L’expérience ne m’en a pas éloigné : elle m’a appris à mieux l’écouter, à la distinguer d’une simple impulsion et à comprendre ce qu’elle cherche à me dire.

L’intuition est souvent la synthèse silencieuse de tout ce que nous avons vécu, observé et ressenti. Elle permet parfois de percevoir une opportunité, un danger ou le potentiel d’une personne avant même de pouvoir l’expliquer rationnellement.

Je reste attentif aux chiffres, aux faits et aux conseils de personnes compétentes. Mais, au moment d’une décision déterminante, je reviens toujours à cette question : qu’est-ce que je ressens profondément ? Je me suis rarement trompé lorsque j’ai réellement écouté mon intuition, sans laisser la peur ou l’ego parler à sa place.

Relier la Belgique, le Maroc et l’Afrique

Comment votre double culture belgo-marocaine a-t-elle façonné l’entrepreneur que vous êtes ?

Elle m’a donné une capacité de traduction au sens large : traduire les attentes, les méthodes de travail, les références culturelles et les façons de négocier.

La Belgique m’a apporté le sens de l’organisation, du cadre, de la qualité et de la fiabilité. Le Maroc m’a apporté l’agilité, le rapport humain, la résilience et la capacité à saisir les opportunités.

Cette double culture est une force lorsqu’on la vit non comme une hésitation entre deux mondes, mais comme une capacité à les relier.

Quel rôle les entrepreneurs de la diaspora peuvent-ils jouer dans le développement du Maroc et dans ses relations avec la Belgique ?

La diaspora représente une chance pour le Maroc. Je crois qu’elle représente peut-être une chance encore plus grande pour la Belgique. Le Maroc est un pays qui avance, qui évolue et qui nourrit de grandes ambitions.

La Belgique compte une importante communauté issue de l’immigration marocaine, présente sur plusieurs générations. Cette population ne devrait pas être considérée comme un problème à gérer, mais comme une force et une chance à mobiliser. Elle porte un potentiel humain, économique, culturel et diplomatique.

Les Belgo-Marocains connaissent les deux cultures. Ils comprennent les codes, les sensibilités, les méthodes de travail et les réalités économiques des deux pays. Ils peuvent ouvrir des marchés, faciliter des partenariats, attirer des investissements, accompagner des entreprises, transmettre des compétences et créer de la confiance.

La diaspora n’a pas à choisir entre la Belgique et le Maroc : elle peut servir les deux pays. Elle peut devenir un pont vivant entre deux espaces économiques et culturels qui ont énormément à s’apporter. À la Belgique comme au Maroc de reconnaître pleinement cette force et de lui donner les moyens de jouer son rôle.

Quels secteurs offrent les plus belles perspectives de collaboration entre la Belgique, l’Europe et le Maroc ?

Plusieurs domaines sont particulièrement prometteurs. L’eau, d’abord : son traitement, sa réutilisation, l’irrigation intelligente et la prévention du stress hydrique. Viennent aussi les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et la décarbonation, ainsi que l’agriculture durable, l’agroalimentaire, la transformation locale et la traçabilité.

Il faut également regarder la logistique, les ports, le transport et les chaînes d’approvisionnement ; le numérique, les logiciels, l’intelligence artificielle et les services aux entreprises ; la santé, le bien-être et la prévention. Enfin, le tourisme de qualité et les projets territoriaux à forte valeur ajoutée.

Dans tous ces domaines, il existe une véritable complémentarité entre le savoir-faire belge et européen, le dynamisme marocain et l’ouverture vers les marchés africains.

Que faudrait-il encore améliorer pour attirer davantage d’entrepreneurs et d’investisseurs européens au Maroc ?

Le Maroc possède déjà de nombreux atouts : son positionnement géographique, ses infrastructures, ses talents, sa capacité industrielle et sa proximité avec l’Europe. Pour accélérer davantage, il faut continuer à faciliter le parcours de l’investisseur.

Cela passe par plus de lisibilité administrative, une meilleure maîtrise des délais et des procédures, davantage de transparence, un accès plus fluide au foncier et au financement, ainsi qu’un accompagnement plus structuré après l’implantation.

Les investisseurs recherchent surtout de la confiance, de la prévisibilité et un accompagnement capable de résoudre les problèmes rapidement.

Pourquoi considérez-vous l’Afrique comme stratégique pour les années à venir ?

Parce qu’elle combine une démographie dynamique, une urbanisation rapide, une jeunesse connectée, des besoins immenses et une forte capacité d’innovation.

L’Afrique n’est pas un marché unique. Ce sont de nombreux marchés, avec leurs réalités propres, leurs défis et leurs opportunités. L’avenir ne consiste pas à arriver avec des solutions toutes faites, mais à bâtir des partenariats équilibrés, à développer des compétences locales et à créer des modèles adaptés aux réalités de chaque pays.

L’eau, l’énergie, l’alimentation, la santé, les infrastructures, la formation et le numérique seront des domaines essentiels.

Des projets utiles, une ambition de transmission

Avec ALEF, vous vous intéressez notamment à l’innovation et à l’eau. Pourquoi cet engagement ?

Parce que l’eau est au cœur de tout : la santé, l’agriculture, l’industrie, les villes, la stabilité sociale et le développement économique.

Le stress hydrique n’est plus une question lointaine ou théorique. C’est déjà une réalité pour de nombreux territoires, notamment au Maroc et dans plusieurs régions d’Afrique.

Avec ALEF, l’ambition est de contribuer à faire émerger des solutions concrètes : innovation, partenariats, sensibilisation, technologies adaptées, modèles de gestion plus responsables et projets capables de produire un impact mesurable.

Lorsque vous lancez ou accompagnez un projet, privilégiez-vous sa rentabilité, sa croissance ou son impact sur la société ?

Les trois dimensions doivent se rejoindre. Un projet sans rentabilité dépend en permanence de ressources extérieures. Un projet sans potentiel de croissance reste limité. Un projet sans impact peut perdre son sens, surtout lorsqu’il touche à des besoins essentiels.

Ma conviction est qu’un modèle solide doit être économiquement viable, capable de grandir et utile à la société. C’est précisément l’équilibre que je recherche.

Quelle ambition aimeriez-vous concrétiser dans les cinq à dix prochaines années ?

J’aimerais contribuer à bâtir une plateforme de coopération concrète entre l’Europe, le Maroc et l’Afrique autour de projets à impact, avec une attention particulière à la diaspora marocaine. Elle représente une richesse inestimable, non seulement pour le Maroc, mais aussi pour les pays où elle est implantée.

Je la compare à des ruches présentes un peu partout dans le monde. Le Maroc est la ruche qui a essaimé, et les Marocains du monde conservent ce lien très fort avec leur pays d’origine. J’aimerais contribuer à rendre cette relation plus fluide, dans une dynamique de collaboration où chacun trouve sa place et son intérêt.

C’est dans cet esprit que je développe, avec une équipe structurée, un projet appelé Diyafa, et plus précisément Diyafa Protect International. L’idée est de mettre en place une plateforme d’accompagnement pour les Marocains du monde et, plus largement, pour les personnes qui ont des intérêts au Maroc.

Avant toute chose, il faut pouvoir les aider à résoudre les difficultés concrètes qu’elles y rencontrent : une situation locative, des documents manquants, une succession ou un besoin d’assistance. La plateforme aurait vocation à faciliter l’accès aux professionnels compétents : notaires, architectes, avocats, agents immobiliers, adouls et traducteurs. Elle permettrait de coordonner cet accompagnement et d’alléger les soucis du quotidien sans devoir systématiquement se déplacer.

Mon objectif premier est de mettre en place une charte éthique et morale à laquelle les partenaires adhéreraient, avec des tarifs définis, un coût honnête et un travail éthique. Il s’agit de faire avancer, dans une dynamique positive et constructive, les relations entre les Marocains du monde et leur pays d’origine. Cette démarche concernerait aussi les investisseurs qui souhaitent s’implanter au Maroc.

Les obstacles administratifs ne risquent-ils pas de vous décourager face à un projet aussi ambitieux ?

Au contraire, ils me motivent davantage. Je reviens ici à mon métier d’entrepreneur : toute difficulté peut devenir une opportunité d’avancer et de grandir.

Ces obstacles démontrent qu’il existe un besoin réel. Ma volonté d’avancer est proportionnelle à la difficulté que je rencontre.

Cet engagement traduit-il aussi votre attachement au Maroc ?

Oui. Le lien avec mes origines est très fort. J’ai ressenti une volonté profonde de revenir vers cette part de moi, vers ce que je considérais comme un chaînon manquant. C’est plus fort que moi.

J’ai toujours travaillé dans une dynamique constructive et positive avec les consulats et les ambassades : non pas pour des consuls ou des ambassadeurs, mais pour le Maroc. J’ai notamment participé à des transactions immobilières et à la rénovation complète du consulat du Maroc à Liège.

J’ai mené ces projets avec amour et passion pour mon pays, parfois au détriment des considérations financières nécessaires à la viabilité d’une entreprise.

Quelle forme de reconnaissance vous touche le plus ?

La gratitude. Je ne l’attends pas systématiquement, mais elle a beaucoup de valeur à mes yeux.

J’ai eu l’immense privilège d’être reçu au Palais royal, en 2014, par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Pour moi, cela représente une récompense absolue. Cette reconnaissance liée à mon engagement pour mon pays compte bien davantage que l’argent.

Quelles qualités vous définissent le mieux ?

La générosité, la fidélité — ou la loyauté — et l’optimisme. Je rappelle aussi que nous avons les défauts de nos qualités et les qualités de nos défauts. L’essentiel est d’apprendre à mieux se connaître.

Quel conseil donneriez-vous au jeune Nordin Aboussaid qui commençait sa carrière ?

Je lui dirais : garde ton ambition, mais prends le temps de construire des fondations solides. Choisis bien tes partenaires, protège ta réputation, maîtrise tes chiffres, ne confonds pas l’activité avec la création de valeur et n’aie pas peur de demander de l’aide.

De quoi aimeriez-vous que l’on se souvienne à la fin de votre parcours ?

J’aimerais que l’on se souvienne de moi comme de quelqu’un qui a essayé de créer, de relier et de transmettre. Un entrepreneur qui a cru aux passerelles entre les cultures, aux opportunités pour la jeunesse et à la possibilité de construire des projets rentables, responsables et utiles.

Articles Similaires

L’Inde déclare officiellement le virus Nipah et l’Asie réactive les contrôles type Covid: un signal d’alarme mondial

L’alerte est désormais officielle. Les autorités sanitaires de Inde...

Isaac Hammouch « Mort d’Omar au siège de la BNPJ : suicide établi ou défaillance grave sous la responsabilité de l’État ?“

La mort d’Omar, jeune universitaire marocain titulaire d’un master...

Algérie–Qatar : un rapprochement stratégique dans un contexte régional en mutation

La visite officielle à Doha du général d’armée Saïd...

Iran – États-Unis, coulisses d’une trêve ou fin de guerre? Tribune de Philippe Liénard

Tant d’article ont été écrits sur le sujet de...

Iran, chiisme et pouvoir : ce que l’Occident refuse encore de voir. Tribune de Isaac Hammouch

Il y a des moments dans l’histoire où l’ignorance...

Voix de lycéens en blocage : inquiétudes et appel à l’écoute

Des lycéens de plusieurs villes dénoncent des conditions d'étude dégradées et réclament d'être entendus lors des blocages.

Cherki balaie les critiques après la victoire France–Belgique

Après la victoire à Saint-Denis, Cherki a répondu aux critiques et clarifié sa prise de position au sein des Bleus et de City.

Pourquoi certains plats s’améliorent après une nuit : explications scientifiques

Plusieurs mécanismes physico-chimiques expliquent pourquoi ragoûts et sauces gagnent en saveur après repos. Précautions de conservation incluses.

La lumière qui commande le cerveau : l’optogénétique honorée par le Nobel

Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel reçoivent le Nobel pour une technique contrôlant les neurones par la lumière.

Lecornu face à la contestation lycéenne et à la hausse des carburants

Le gouvernement Lecornu tente d'apaiser la mobilisation lycéenne en pleine flambée des prix des carburants et à l'approche du budget 2027.

Près de la moitié des Allemands préfèrent Merkel à Merz, l’Oktoberfest se termine à Munich

Un sondage montre une préférence pour Merkel face à Merz en Allemagne; aujourd'hui se clôt l'Oktoberfest à Munich.

Le Conseil d’État reconnaît les sapeurs-pompiers volontaires comme ‘travailleurs’ : quel cadre juridique ?

Le Conseil d'État qualifie les sapeurs-pompiers volontaires de travailleurs, soulevant des enjeux juridiques et organisationnels pour les services de secours.

Pedro Sánchez joue son avenir aux urnes : le dernier pari avant la fin de son pouvoir ?

En annonçant ce 5 octobre des élections législatives anticipées...
Annonce publicitaire Dynamiques de paix dans le Caucase du Sud
Annonce publicitaire Isaac d'ArganIsaac d'Argan