Hugo Duminil-Copin affirme que les mathématiques ne se limitent pas à des formules abstraites réservées à une élite. Coauteur d’un ouvrage avec Emmanuel Sander, le mathématicien défend une image des mathématiques qui intègre l’intuition, le geste et les émotions. Dans un entretien au Le Monde, il souligne que cette lecture plus incarnée peut modifier la façon dont la discipline est perçue par le public et enseignée à l’école.
Les auteurs remettent en question l’idée que la pensée mathématique serait l’apanage d’une petite minorité. Ils proposent de reconnaître les dimensions perceptives et affectives du raisonnement mathématique pour lutter contre le sentiment d’inaccessibilité. Cette perspective vise à déplacer le débat hors de la seule logique symbolique vers une approche qui valorise les stratégies intuitives et les représentations sensorielles du problème.
Sur le plan pédagogique, la mise en avant de l’intuition mathématique pose des questions pratiques pour la formation des enseignants et les programmes scolaires. Une pédagogie qui prend en compte les émotions et le raisonnement concret nécessiterait des dispositifs d’apprentissage diversifiés, des évaluations moins centrées sur la restitution formelle et des ressources qui rendent les concepts visibles et manipulables. L’objectif affiché est d’accroître l’inclusion et de réduire l’écart entre les publics, sans affaiblir l’exigence scientifique.
L’entretien et l’ouvrage alimentent un débat plus large sur l’avenir de l’enseignement des sciences et des mathématiques. En insistant sur une approche incarnée, Hugo Duminil-Copin et Emmanuel Sander apportent une contribution qui peut influencer pédagogues, décideurs et chercheurs. Reste à mesurer, par des expérimentations et des formations, dans quelle mesure ces propositions transformeront concrètement les pratiques en classe et la relation du public aux mathématiques.



