CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Des agents fédéraux, vêtus d’une veste de la police de l’ICE, dans un couloir du tribunal de l’immigration du New York Federal Plaza, le 17 mars 2026. (photo d’illustration)
Ses enfants disent leur soulagement. L’octogénaire française, arrêtée le 1er avril par la police de l’immigration aux États-Unis et placée dans un centre de rétention en Louisiane, est rentrée en France ce vendredi 17 avril et a retrouvé sa famille.
Cette Française, mariée à un Américain décédé en janvier, « est rentrée en France ce (vendredi) matin et c’est une source de satisfaction pour nous », a déclaré à des journalistes le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, lors d’un déplacement à Montpellier, confirmant une information du journal Ouest-France.
« On est particulièrement soulagés de voir notre maman, qu’on a retrouvée ce matin, après qu’elle a passé une épreuve forcément extrêmement difficile pour elle », a déclaré son fils Hervé lors d’une conférence de presse en fin de journée à la mairie d’Orvault, près de Nantes, en présence de son frère et de sa sœur.
Marie-Thérèse, qui aura 86 ans en juin, est arrivée dans l’après-midi à Orvault, où elle a longtemps résidé, a expliqué devant la presse le maire, Sébastien Arrouët. « Elle est ravie, elle est heureuse, elle est soulagée », a ajouté le maire, qui a échangé avec elle au téléphone.
Les trois enfants de l’octogénaire, qui ne divulguent pas leur patronyme, n’ont pas souhaité commenter « les circonstances de sa détention ». « On n’a pas assez d’informations, on ne sait pas comment les démarches ont pu être entreprises », a expliqué Hervé.
Le ministère américain de la Sécurité intérieure a confirmé mardi à l’AFP l’interpellation le 1er avril de l’octogénaire, entrée aux États-Unis en juin 2025 avec un visa de tourisme lui permettant de rester « 90 jours » sur le sol américain. Or, elle se trouvait toujours aux États-Unis « sept mois plus tard », ont fait valoir les autorités américaines.
Selon des témoignages de voisins rapportés lundi à l’AFP par son fils Hervé, sa mère, qui résidait en Alabama, a été arrêtée « menottée pieds et mains ».
Mariée à un ancien colonel américain de l’armée de l’air
« Notre priorité absolue aujourd’hui, c’est de la préserver, donc préserver sa santé, préserver son repos et puis qu’elle puisse se reconstruire », a dit ce vendredi son fils.
Un de ses fils, qui n’est pas identifié, a indiqué au New York Times que sa mère portait à son arrivée à l’aéroport Charles-de-Gaulle, près de Paris, « ses habits de détenue, des chaussures oranges, un pantalon de jogging et un sweat-shirt gris, couvert de taches et de trous ».
Interrogé sur les méthodes de la police de l’immigration américaine (ICE), et ne parlant pas spécifiquement du cas de la Française, Jean-Noël Barrot a estimé que ce n’étaient « pas des méthodes qui sont nécessairement conformes, je ne parle pas du cas spécifique mais plus généralement, avec celles qui sont en vigueur et acceptables pour nous ». « Il y a eu des violences qui ont suscité notre préoccupation. Mais l’essentiel, c’est qu’elle soit de retour en France et ça nous satisfait pleinement », a dit le ministre.
Bras armé de l’offensive antimigrants du président américain, Donald Trump, l’ICE est l’objet de fortes critiques notamment après que deux Américains ont été tués en janvier par des agents fédéraux à Minneapolis en marge de manifestations contre sa présence dans la ville.
Dès la médiatisation de l’interpellation de la Française, une source diplomatique avait assuré à l’AFP que le consulat général de France à Atlanta suivait « avec attention la situation » et lui apportait « la protection consulaire ».
La Française avait décidé de s’installer aux États-Unis et de se marier courant 2025 avec un Américain, ancien colonel de l’armée de l’air. Ils s’étaient rencontrés une soixantaine d’années plus tôt quand elle occupait un poste de secrétaire bilingue sur une base de l’Otan et ils avaient repris contact après leur veuvage. Ce vétéran du Vietnam est décédé brutalement en janvier à 85 ans.
L’octogénaire, qui espérait « l’officialisation » de sa carte verte et détenait une carte de sécurité sociale américaine, « attendait la décision du tribunal sur ses successions le 9 avril », avant de rejoindre la France « à partir de ce jugement », selon son fils, qui fondait alors un « bon espoir » d’une libération prochaine de sa mère.
Source:
www.huffingtonpost.fr



