Kanye West, au cœur d’une polémique pour de récents propos antisémites, a annoncé mardi 14 avril le report de son concert prévu le 11 juin à Marseille. « Après une longue réflexion, c’est ma décision propre de reporter mon concert à Marseille jusqu’à nouvel ordre », a écrit sur X le rappeur américain, dont les autorités françaises voulaient annuler la performance.
« Je sais que cela prend du temps pour comprendre la sincérité de ma volonté de me racheter. J’assume pleinement la responsabilité de mes actes, mais je ne veux pas que mes fans se retrouvent au milieu de tout ça », a-t-il expliqué dans un autre message, ajoutant avoir « hâte d’être aux prochains concerts ».
Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, s’était dit un peu plus tôt « très déterminé » à faire interdire la performance de l’artiste, également connu sous le nom de « Ye ». M. Nuñez étudiait « toutes les possibilités » pour interdire l’unique concert en France du rappeur, avait fait savoir son entourage mardi à l’Agence France-Presse, confirmant une information du quotidien Libération.
Déjà, à l’annonce de sa venue, plusieurs personnalités politiques de la ville de Marseille l’avaient déclaré persona non grata. Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’était lui aussi dit opposé, ces dernières semaines, à la venue de Kanye West. « Je refuse que Marseille soit une vitrine pour ceux qui promeuvent la haine et le nazisme décomplexé. Kanye West n’est pas le bienvenu au Vélodrome, notre temple du vivre-ensemble et de tous les Marseillais », avait déclaré début mars, sur X, le maire de Marseille.
Une série de polémiques
Le rappeur américain âgé de 48 ans a perdu, ces dernières années, de nombreux fans et plusieurs contrats commerciaux après des propos antisémites et racistes. Il avait notamment affirmé en 2023 qu’il « adorait les nazis » – il s’était alors excusé auprès de la communauté juive –, puis il avait sorti un titre baptisé Heil Hitler le jour du 80e anniversaire de la défaite de l’Allemagne lors de la seconde guerre mondiale, le 8 mai 2025.
En 2022, il avait également suscité l’indignation en s’affichant avec le slogan « White Lives Matter » (« la vie des Blancs compte », détournant le célèbre slogan « Black Lives Matter »), et il s’était rendu à un dîner chez Donald Trump avec le suprémaciste blanc antisémite Nick Fuentes.
Kanye West avait assuré qu’il n’était « ni nazi ni antisémite », invoquant le trouble bipolaire dont il souffre et une « phase maniaque ». « On a l’impression que ce sont les autres qui exagèrent. On a l’impression de voir le monde plus clairement que jamais alors qu’en réalité on est en train de perdre complètement pied », s’est défendu en janvier dernier, dans une lettre au Wall Street Journal, l’artiste aux 24 Grammy Awards, autrefois célébré pour son écriture musicale originale et ses productions à succès.
« Je regrette mes actes dans cet état et j’en suis profondément mortifié. Je m’engage à assumer mes responsabilités, à suivre un traitement et à opérer des changements réels et durables. Cela n’excuse en rien ce que j’ai fait. Je ne suis pas nazi ni antisémite. J’aime le peuple juif », a-t-il soutenu.
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Réserver des places
En raison de ses propos, le ministère de l’intérieur britannique a décidé, début avril, de refuser l’entrée sur le territoire de Kanye West, que ce dernier avait demandé pour se rendre en juillet au Wireless Festival à Londres, dont il était la tête d’affiche. « Ce gouvernement se tient résolument aux côtés de la communauté juive, et nous ne cesserons pas de lutter pour combattre et vaincre le fléau de l’antisémitisme », avait justifié sur X le premier ministre britannique, Keir Starmer. En revanche, les autorités néerlandaises n’ont pas prévu d’interdire ses concerts des 6 et 8 juin, arguant qu’un risque pour l’ordre public ou la sécurité nationale était nécessaire pour empêcher qui que ce soit d’entrer aux Pays-Bas.
Source:
www.lemonde.fr



