La Bibliothèque nationale de France et le Centre Pompidou consacreront à l’automne 2026 une exposition inédite à Louise Bourgeois, réunissant pour la première fois leurs collections graphiques sur l’artiste.
À l’automne 2026, la Bibliothèque nationale de France et le Centre Pompidou uniront pour la première fois leurs fonds afin de consacrer une exposition d’envergure à la production graphique de Louise Bourgeois. Plus de quinze ans après la disparition de l’artiste, cette présentation inédite, centrée sur le dessin et la gravure, mettra en lumière un pan essentiel de son œuvre où s’élaborent ses motifs les plus intimes, entre exploration du corps, mémoire et tensions psychiques. Aucune exposition d’une telle ampleur ne lui avait été dédiée à Paris depuis 2008.
L’œuvre graphique de Louise Bourgeois
Artiste contemporaine incontournable, Louise Bourgeois (1911-2010) a construit, à l’écart des grands courants du XXe siècle, un langage profondément personnel. Le dessin et la gravure y occupent une place centrale, comme des espaces d’expérimentation où se nouent les thèmes récurrents de son œuvre : le corps, la mémoire, la filiation, la douleur. Installée à New York dès 1938, après s’être formée en France d’abord dans l’atelier familial de restauration de tapisseries à Choisy-le-Roi, puis dans les académies parisiennes (aux Beaux-Arts de Paris en 1933 et à l’École du Louvre en 1936), elle découvre la gravure à l’Atelier 17 de Stanley William Hayter. Elle n’aura de cesse de la développer ensuite tout au long de sa carrière.
Louise Bourgeois, Spider Couple, bronze, 2003, présenté dans l’exposition « Métamorphoses » au Rijksmuseum d’Amsterdam. © Connaissance des Arts / Agathe Hakoun
Une réunion exceptionnelle des collections
L’exposition marquera un moment inédit, celui de la réunion des fonds de la BnF et du Centre Pompidou, constitués au fil de dons majeurs de l’artiste et de ses proches. Aujourd’hui, ces deux institutions conservent un ensemble remarquable de dessins, estampes, livres d’artistes et sculptures, témoignant de la richesse de sa production. Ce dialogue entre les deux riches collections permet de retracer l’évolution d’une œuvre où les techniques se répondent et s’entrelacent, dans une constante porosité entre le dessin, l’estampe et la sculpture.
Un parcours chrono-thématique au plus près des tensions intérieures
Conçu de manière chronologique, le parcours s’ouvrira avec un autoportrait de 1942 et les premières gravures des années 1940, dont le portfolio fondateur He Disappeared into Complete Silence (1947). Textes et images y composent un univers à la fois narratif et mental. Les sections suivantes dévoileront les grands motifs de l’artiste, des dessins aux lignes enchevêtrées évoquant des réseaux organiques, architectures anthropomorphes comme les Femme-Maison, ou encore formes hybrides mêlant végétal et anatomie.

Louise Bourgeois, Altered states (Etats modifiés), 1992, encres de couleur, mine graphite et stylo-bille sur papier, 48 x 60,5 cm. © The Easton Foundation / Adagp, Paris Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Jean-Claude Planchet / Dist. GrandPalaisRmn Centre
Au cœur de l’exposition, l’ensemble monumental Extrême Tension (2007) donnera son titre à la manifestation. Sur de grandes feuilles, Louise Bourgeois livre une méditation poignante sur le vieillissement, la douleur et l’angoisse. Présentées pour la première fois en France, les planches de Turning Inwards (2007) prolongeront cette exploration introspective. Le parcours s’achèvera sur une série d’œuvres à dominante rouge, où la couleur devient matière et symbole, chair, sang, maternité. Figures enceintes et corps ambigus y troublent les frontières du genre et de l’identité.
Un héritage réactivé
En 1995, la BnF et le Musée national d’art moderne avaient déjà consacré deux présentations distinctes à l’œuvre graphique de l’artiste, l’une dédiée au dessin, l’autre à la gravure et aux livres. L’événement de cet automne 2026 en propose une relecture unifiée, enrichie par les acquisitions et donations intervenues depuis et témoigne de la vitalité persistante de l’œuvre de Louise Bourgeois, dont l’influence continue de marquer la création contemporaine.
Louise Bourgeois – « Je transforme la haine en amour » | TateShots :
Louise Bourgeois – ‘I Transform Hate Into Love’ | TateShots
Cette exposition marque également le retour de Louise Bourgeois sur la scène parisienne, près de vingt ans après la grande rétrospective que lui consacrait le Centre Pompidou en 2008, coorganisée avec la Tate Modern de Londres. Rassemblant plus de deux cents œuvres, cette manifestation d’ampleur retraçait l’ensemble de son parcours, avec une attention particulière portée à ses créations les plus récentes réalisées alors que l’artiste était âgée de plus de quatre-vingt-quinze ans. Depuis cet événement majeur, aucune exposition d’envergure comparable ne lui avait été dédiée à Paris.
Exposition Louise Bourgeois « Extrême tension », dessins et gravuresBnF site Richelieu, galerie Mansart – galerie Pigott5, rue Vivienne, Paris 75002du 20 octobre 2026 au 21 février 2027
Source:
www.connaissancedesarts.com



