LETTRE D’ABIDJAN
Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais vous connaissez déjà le biama, rejeton survolté du coupé-décalé ivoirien. Plus rapide, plus dansant, plus ancré aussi dans la galère et la rue, là où le coupé-décalé faisait la promotion d’une réussite flamboyante et d’un matérialisme outrancier, le biama a donné à la Côte d’Ivoire l’un de ses plus grands succès internationaux : Coup du marteau, de Tam Sir et la Team Paiya, hymne officieux de la Coupe d’Afrique des nations de football 2024. En cinq ans d’existence, le mouvement a engrangé une popularité immense sur les ondes radio et sur les réseaux sociaux, où ses vidéos de danse sont vues des millions de fois, tout en gardant sa spontanéité.
Tout part de la très peuplée, mais très populaire, commune de Yopougon, « Poy » pour ses familiers, où le genre a commencé à prospérer en 2021. Les grands noms du mouvement, la Team2Poy, Dydy Yeman, Azazou Satelite, Pikatchou Le Moine, Zadi The King, en sont presque tous originaires. En nouchi, l’argot des rues abidjanaises, le mot « biama » est un mot polysémique qui signifie tout et rien, employé en général comme verbe, mais sans sens précis. Il colle donc parfaitement à la danse anarchique, énergique et faussement brouillonne de la jeunesse de Yopougon, qui s’est trouvé, en 2021, un chef de file en la personne de Kalomaman.
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Source:
www.lemonde.fr



