Appel pour des statues lancé dans une tribune publiée au journal national met en lumière un décalage entre la présence croissante des élues et la représentation symbolique au sein du Sénat. Les signataires — des sénatrices accompagnées d’un sénateur ayant siégé à la délégation aux droits des femmes — estiment que l’absence de figures féminines sculptées dans l’hémicycle et les espaces du Palais du Luxembourg témoigne d’un oubli de la mémoire républicaine.
Le texte rappelle d’abord un état de fait institutionnel : alors que la composition politique évolue, la mise en scène mémorielle n’a pas suivi le rythme. Les auteurs appellent à l’installation d’œuvres consacrées à des femmes républicaines afin de rendre visible leur contribution aux institutions et à la vie publique. Cet appel s’inscrit dans un mouvement plus large pour l’égalité femmes-hommes et la reconnaissance des trajectoires féminines dans l’espace public.
La proposition soulève des questions de méthode et de légitimité : qui choisir, selon quels critères et selon quelle procédure pour intervenir dans un lieu chargé d’histoire ? Les signataires demandent que la réflexion soit conduite au sein même des assemblées et associant les instances compétentes, afin que la sélection des figures honore des engagements républicains et corresponde à une démarche transparente. Le débat renvoie également à la manière dont les institutions commémorent leur propre histoire et font mémoire.
Au-delà du Palais, cet appel relance le débat sur la visibilité des femmes dans l’espace mémoriel national et sur les instruments symboliques de la représentation politique. En insistant sur l’installation de statues, les auteurs cherchent à combler un déficit symbolique qui, selon eux, participe à l’invisibilisation des parcours féminins au regard de la mémoire collective. La demande s’inscrit ainsi dans une dynamique qui questionne la place des femmes dans la mémoire républicaine et l’agenda civique contemporain.




