L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Hayat est déjà le douzième long-métrage de Zeki Demirkubuz, et seulement le premier à se frayer une sortie sur les écrans français. C’est donc par ce dernier wagon qu’on accroche l’œuvre du cinéaste turc de 61 ans, actif depuis trois décennies, bien représenté dans les festivals internationaux – Yazgi (2001) et Itiraf (2001) ayant fait conjointement l’objet d’une sélection au Festival de Cannes en 2002.
Zeki Demirkubuz incarne un certain cinéma d’auteur sérieux, à la frappe grave et profonde, qui entend nourrir une critique sociale. « Je fais des films avec ma colère contre la vie telle qu’elle est, contre le système », déclarait-il, en 1999, dans Libération. Dans Hayat, ce sera donc la question du mariage arrangé – à vrai dire en net recul dans la Turquie actuelle – qui lui sert de point d’appui contestataire.
Le récit s’inscrit dans la brèche ouverte par un mariage qui n’a pas lieu. La fiancée, une certaine Hicran, a fait défection, livrant sa famille à la honte publique. Le film commence auprès du fiancé délaissé, Riza, un jeune apprenti boulanger, qui ne se remet pas du rejet subi. Alors, il quitte tout pour aller rechercher l’absente à Istanbul, qu’il considère malgré tout comme sa « promise ». Son enquête le conduit vite auprès des réseaux de prostitution qui cueillent les jeunes femmes pauvres et sans attache, à leur arrivée en ville.
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