La question d’une primaire revient dans le débat à droite par la voix d’Annie Genevard. Dans un entretien au Figaro, la ministre de l’Agriculture et ancienne dirigeante des Républicains estime désormais qu’« une primaire ne doit pas être crainte ». Cette position marque une évolution notable pour une responsable qui s’était auparavant montrée hostile à ce mode de désignation. Elle intervient dans un moment où les responsables de la droite et du centre cherchent à clarifier leur stratégie face à un paysage politique fragmenté.
Le propos d’Annie Genevard ne se limite pas à une question de procédure interne. La ministre appelle les candidats susceptibles de représenter cet espace politique à écouter le « désarroi » d’une « France silencieuse consternée » par la perspective d’un second tour opposant le Rassemblement national à La France insoumise. En mettant l’accent sur cette inquiétude, elle inscrit le débat sur la primaire dans une interrogation plus large : la capacité de la droite et du centre à proposer une offre lisible, suffisamment rassemblée pour éviter l’effacement entre deux pôles politiques antagonistes.
Une primaire constitue, pour les formations concernées, à la fois un outil de sélection et un test d’unité. Elle peut donner une légitimité à un candidat, mais elle expose aussi les divergences de ligne, de méthode et d’incarnation. C’est précisément ce dilemme que la déclaration d’Annie Genevard remet au premier plan. Son changement de ton suggère que le refus de principe d’une compétition interne n’apparaît plus comme une évidence, alors que l’enjeu principal devient la construction d’un socle commun entre familles politiques proches mais non confondues.
La prise de position de la ministre, membre du ministère de l’Agriculture, intervient également dans un contexte où chaque camp cherche à identifier les conditions d’un rassemblement crédible. Les formations de la droite parlementaire et du centre doivent arbitrer entre désignation négociée, accord politique ou consultation élargie. En affirmant qu’une primaire ne doit pas être redoutée, Annie Genevard ne fixe pas un calendrier ni des règles, mais elle contribue à rendre l’option à nouveau discutable au sein de son camp.




