Dix ans après « The Strangers », Na Hong-jin revient aux affaires et participe à la Compétition pour la première fois de sa carrière avec « Hope », film foisonnant, à la croisée de plusieurs genres, qui restera comme un grand moment de cette édition.
Ça parle de quoi ?
Une mystérieuse découverte est faite aux abords de la ville portuaire de Hopo Port. Les habitents luttent pour leur survie…
Hip Hip Hope ? Hourra !
C’est peu dire qu’on l’attendait celui-ci. Pour plusieurs raisons mais notamment celle-ci : Hope marque le grand retour de Na Hong-jin derrière la caméra, lui dont le dernier long métrage en date remontait à 2016. Autant dire une éternité de la part d’un metteur en scène qui avait su marquer durablement nos esprits grâce à The Chaser, son coup d’essai tonitruant, ou The Strangers et son final qui fait froid dans le dos rien qu’en y pensant.
Depuis un ou deux an(s), et les échos de son retour aux affaire, les habitués de Cannes avaient bon espoir de retrouver le cinéaste coréen dans la sélection concoctée par Thierry Frémaux et ses équipes, lui dont la carrière passe par la Croisette depuis ses débuts. Et c’est désormais chose faite, en Compétition qui plus est et avec un brio certain (autant abréger le suspense), pour un opus arrivé, dans sa version finale… quatre jours seulement avant sa présentation officielle, attendue de pied ferme, au sein d’une course à la Palme d’Or qui peine à décoller, malgré les bons retours sur Soudain, L’Être aimé ou Paper Tiger.
NEON
Surtout, Hope se présente comme le film de genre de la Compétition, case devenue un rendez-vous annuel et qui a réussi à Titane ou The Substance. Gageons qu’il sera de même pour celui-ci, qui aborde les genres au pluriel : film de monstres, d’action, de science-fiction, d’horreur (un peu), survival, western, comédie… Le nouveau long métrage de Na Hong-jin est tout cela à la fois, opérant des virages à la fois réguliers et fluides au coeur d’un récit qui évoque notamment l’incompréhension entre les peuples et la manière dont les gens réagissent mal face à un événement selon Michael Fassbender, l’un de ses acteurs, rencontré quelques heures avant la présentation officielle.
Avec Alicia Vikander et Taylor Russell (révélation de Bones and All, primée à Venise à l’époque), la star des prequels d’X-Men fait face à un casting exclusivement coréen, dans lequel le trio s’offre des rôles assez inattendus et sur lesquels nous ne vous dirons rien de plus, le plaisir éprouvé devant Hope provenant en grande partie des surprises qu’il nous réserve. Mais aussi, outre sa façon de passer d’un genre à l’autre, de la manière dont Na Hong-jin mène sa barque et son récit : depuis The Chaser, nous connaissons son art de la mise en scène, mais vous serez heureux d’apprendre qu’il n’a rien perdu. Bien au contraire.
Blockbuster le plus cher de l’Histoire de la Corée
Même aux commandes du blockbuster le plus cher de l’Histoire du cinéma coréen (environ 30 millions d’euros), il ne se laisse pas dépasser par son ambition et signe une première heure aussi trépidante que parfaite, qui lance le film tambour battant avec une gestion remarquable de la tension et du mystère, alors que les personnages principaux tentent de comprendre ce qui a décimé un bovin dans la ville a priori tranquille de Hope Harbor, et comprennent que ça n’est pas un tigre. Se présentant d’abord comme une variation sur les films de kaijus au point que l’on imagine être face à une version de The Host signée Na Hong-jin, le long métrage nous attrape vite pour ne plus nous lâcher ensuite.
Ou alors après cette première heure démentielle, où le rythme retombe quelque peu (ce qui n’est pas du luxe, pour souffler un peu) sans que les surprises ne s’arrêtent, alors que les personnages (dont cette fliquette super cool incarnée par Jung Ho-yeon, vue dans Squid Game, dont on adore l’entrée en scène) se dessinent un peu plus. Et c’est ensuite reparti pour un tour ébouriffant, virtuose, jusqu’à une fin audacieuse qui ne devrait pas manquer de faire parler, mais confirme les ambitions du cinéaste avec ce film à la hauteur des attentes et que l’on espère désormais figurer au palmarès de ce 79ème Festival de Cannes.
NEON
Peut-être pas avec une Palme remise par son compatriote Park Chan-wook, mais pourquoi pas un Grand Prix ou une récompense pour la mise en scène, qui serait la moindre des choses pour ce film qui a tout pour enthousiasmer des festivaliers et les réveiller après un week-end chargé. Car c’est peu dire que les espoirs placés en Hope ne sont pas déçus, tant il s’avère être un sacré concentré de plaisir.
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Source:
www.allocine.fr



