« Avec la réouverture du pavillon russe à la Biennale de Venise, l’art sert de prétexte pour faire la guerre par d’autres moyens »

Tandis que les missiles et les bombes russes s’abattent quotidiennement sur les villes ukrainiennes, il pourrait sembler dérisoire de s’alarmer de la prochaine réouverture du pavillon russe, fermé depuis le début de la guerre en Ukraine, pour la Biennale de Venise qui s’ouvre le 9 mai.

Ce « détail » n’en est pourtant pas un. Lentement mais sûrement, les réseaux d’influence russes reconquièrent le terrain perdu et le discours du Kremlin s’immisce dans les consciences. « L’art est au-dessus de la politique », déclare Mikhaïl Chvydkoï, représentant spécial du président de la Fédération de Russie pour la coopération culturelle internationale.

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En l’occurrence, l’art sert surtout de prétexte pour poursuivre la guerre par d’autres moyens. Une guerre souterraine et invisible, afin de réintroduire la Russie dans le concert des nations fréquentables. Peu importent les frappes russes, le 24 mars, sur le quartier du monastère des Bernardins, à Lviv, pourtant inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco ? Peu importe le pillage des musées de Marioupol, Kherson, Melitopol, dont les œuvres sont désormais inscrites comme russes dans le catalogue des musées de la Fédération de Russie ?

Avec la fille de Sergueï Lavrov

Peu importe le pillage systématique des sites archéologiques de Crimée, où pouvait se lire à même le sol la diversité des peuples et des langues qui ont construit au fil des siècles l’identité ukrainienne ? Peu importe la « russification » forcée du passé dans le site de Chersonèse Taurique, inscrit lui aussi au patrimoine mondial de l’Unesco ? Peu importe, en effet, pourvu que les Européens puissent persévérer dans leur croyance au mythe de la « grande culture russe » et fermer les yeux sur la guerre d’influence que mène patiemment Moscou.

Pourtant, si l’on accepte d’ouvrir les yeux, on comprend bien les raisons qui ont présidé au choix d’Anastasia Karneeva comme commissaire du pavillon russe à la Biennale. Fille de Nikolaï Volobuev, ancien général du FSB et cadre supérieur de Rostec (conglomérat d’Etat appartenant à la défense), ladite commissaire a fondé la société Smart Art avec Ekaterina Vinokourova, elle-même fille du ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov. Il est clair que son appartenance à la famille régnante, qui garantit sa fidélité au Kremlin, a déterminé sa nomination, bien davantage que ses supposées compétences dans le domaine artistique.

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Source:

www.lemonde.fr

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