« Balance ta balance » : ce détenu entraîné bien malgré lui dans la chute de Pavel Durov

Fin septembre 2024. A peine quelques semaines après l’arrestation spectaculaire en France de Pavel Durov, le cofondateur de l’application Telegram, la justice française pouvait déjà se satisfaire de la réalisation d’un de ses objectifs. La célèbre plateforme répondait enfin à ses réquisitions judiciaires.

A la fin août 2025, un an après son arrestation, Pavel Durov avait dénoncé une procédure « absurde ». « Nos pratiques de modération sont conformes aux normes du secteur et Telegram a toujours répondu à toutes les demandes juridiquement contraignantes de la France », expliquait alors le milliardaire.

Sept mois plus tard, ce jeudi 16 avril, l’une des personnes prises dans les rets judiciaires débloqués par cette arrestation vient pourtant de comparaître devant la 13e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Âgé de 33 ans, en détention depuis ses vingt ans, Kevin M. est accusé d’avoir été derrière le canal Telegram « Balance ta balance ».

Enquête d’abord au point mort

Un channel au nom évocateur où l’on retrouvait à la fois des dénonciations visant des détenus ayant soi-disant « balancé » et des annonces pour des ventes de stupéfiants. Actif depuis la fin du mois de mai 2023, ce canal avait fait l’objet d’une enquête judiciaire après un signalement à la plateforme Pharos.

Toutefois, faute de réponse de Telegram aux premières réquisitions des enquêteurs judiciaires en février 2024, les investigations étaient restées au point mort. Enfin, seulement jusqu’à la mi-septembre 2024 : quelques semaines après l’arrestation de Pavel Durov, les enquêteurs renouvellent leur demande le 13 septembre.

Cette fois-ci la plateforme transmet une adresse IP reliée au compte, permettant aux enquêteurs d’identifier finalement Kevin M. « J’étais perturbé dans ma tête à l’époque », s’est défendu ce dernier à la barre, « je voulais manger à ma faim ».

Quant au ton fleuri adopté sur le canal – par exemple « la pute de Perpignan qui n’hésite pas à donner ses collègues » ou encore « merci au fréro de Montpellier qui lui ont niké ces morts » – « c’était juste pour entretenir le buzz, assure-t-il également. Je savais ce que voulait ma communauté. »

« Calvaire »

Cette audience était ensuite monétisée via des publicités vendues à des trafiquants de stupéfiants. Un « gagne-pain » obtenu sur le dos de près d’une centaine de victimes, également détenues.

« Je conçois que c’était de la pub, mais le fait d’avoir divulgué ces informations, c’est catastrophique [pour moi] », pointe un détenu, qui s’est constitué partie civile. « Ma photo a été diffusée », poursuit-il, signalant une mise à l’isolement de quatorze mois.

« J’ai compris après coup [les raisons] de la détérioration » de ses conditions de vie, observe un autre détenu. Et de déplorer un « calvaire » interrompu seulement par son transfert dans un nouveau lieu de détention. Des faits justifiant pour le parquet une peine de trois ans de détention.

Tout en reconnaissant la gravité des faits, l’avocate de Kevin M., Sukeyna Elachguer, a appelé les juges à prononcer une peine moins longue et à étudier précisément les près de 60 000 euros de dommages et intérêts demandés par les sept parties civiles. « Aucune n’a pu démontrer des violences » subies après la divulgation de leur identité sur le canal, assure l’avocate. Le jugement sera rendu le 19 mai prochain.


Source:

www.zdnet.fr

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