Dos courbé, visage concentré, Killian aligne les couverts, bien parallèles, sur les petites tables de la cantine de l’école du Parc-aux-Charrettes, à Pontoise (Val-d’Oise). A côté de lui, une éducatrice spécialisée, Océane Barbey, le guide, lui montre un support photo et l’incite à enchaîner les tâches : disposer les verres, compter des fourchettes, couper du gâteau… Le jeune homme de 20 ans (son nom de famille, comme celui des autres personnes accompagnées, n’est pas mentionné) a un trouble autistique sévère, qui lui provoque de grandes difficultés de communication, d’apprentissage et d’autonomie.
Déscolarisé à la fin du collège, il est resté un an chez lui, sans solution d’accueil, avant d’être pris en charge par l’Atelier bleu, un dispositif créé en 2014 par l’association Autisme ensemble 95, qui accompagne dix jeunes autistes à besoins intensifs, âgés de 16 à 23 ans. Cofinancé depuis un an par un fonds d’intervention de l’agence régionale de santé d’Ile-de-France, il « constitue un véritable levier de transformation des pratiques pour l’ensemble des établissements et services », selon Céline Poulet, secrétaire générale du comité interministériel du handicap.
« On a entraîné Killian à dire quand il a fini. Sinon, il pouvait rester une demi-heure à attendre sans rien faire, explique Isabelle Rolland, directrice de l’Atelier bleu et présidente d’Autisme ensemble 95. La tâche en elle-même n’est pas un problème, c’est plutôt le transport, la relation avec les autres, la gestion d’une difficulté… Il est très anxieux et, quand il se sent mal, il se mord les doigts. » Killian est accueilli avec patience par les référentes de la cantine. Ce jour-là, il repart avec une part de gâteau au chocolat, avant l’arrivée des enfants, pour éviter le bruit et l’agitation.
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Source:
www.lemonde.fr



