À Berlin, une scène queer arabe gagne en visibilité dans un paysage artistique déjà marqué par la diversité des pratiques et des parcours. Au cœur de cette dynamique figure Hassandra, artiste de performance d’origine libanaise, drag performer, DJ et organisatrice culturelle. Cofondatrice du ADIRA Drag Festival, Hassandra occupe aujourd’hui une place identifiable dans l’écosystème queer de la capitale allemande, où la performance, la musique et la fête servent aussi de lieux de rencontre.
La trajectoire de Hassandra illustre la manière dont des artistes issus de la diaspora arabe participent à la construction de réseaux culturels autonomes. Dans une ville comme Berlin, connue pour la densité de ses scènes alternatives, la visibilité queer ne se résume pas à l’accès aux clubs ou aux programmations artistiques. Elle passe aussi par la capacité à créer des espaces où les langues, les références culturelles et les identités de genre ou de sexualité peuvent coexister sans être réduites à des catégories figées.
Le ADIRA Drag Festival s’inscrit dans cette perspective. En mettant au centre des performances drag et des voix queer arabes, l’initiative contribue à élargir les représentations présentes sur scène. Le drag y apparaît comme une pratique artistique, mais aussi comme un outil de présence publique : il permet de jouer avec les codes, de déplacer les attentes et d’affirmer des identités souvent peu visibles dans les circuits culturels dominants. Cette dimension donne au festival une portée qui dépasse le seul divertissement.
La consolidation de cette scène queer arabe intervient dans un contexte où les communautés artistiques berlinoises fonctionnent largement par réseaux, collaborations et lieux indépendants. Les artistes qui les animent doivent souvent combiner plusieurs rôles : créer, produire, programmer, animer des soirées et maintenir des liens entre publics dispersés. Le profil de Hassandra, à la fois performeur, DJ et organisateur, reflète cette polyvalence devenue centrale dans les cultures queer contemporaines.
Cette présence contribue à renouveler le récit culturel de Berlin. Elle rappelle que les scènes queer ne sont pas homogènes et que leur vitalité dépend aussi de celles et ceux qui y introduisent d’autres héritages, d’autres langues et d’autres formes de mémoire. À travers des initiatives comme le ADIRA Drag Festival, les artistes queer arabes ne cherchent pas seulement une place dans un paysage existant : ils participent à en redessiner les contours.




