Scarifications, brûlures, coups portés contre soi-même : lorsqu’un adolescent s’inflige volontairement des blessures, le geste ne doit jamais être banalisé. Il ne relève ni d’un simple « caprice » ni d’une provocation à sanctionner. Ces conduites d’automutilation traduisent le plus souvent une souffrance psychique qui peine à trouver des mots. La priorité est d’instaurer un climat de sécurité, de vérifier l’état physique de la blessure et d’ouvrir rapidement un accès à une évaluation professionnelle.
Le premier réflexe consiste à parler avec calme, sans accusation ni interrogatoire brutal. Un parent, un proche ou un adulte de confiance peut dire qu’il a vu la blessure, qu’il s’inquiète et qu’il souhaite aider. Cette posture évite d’ajouter de la honte à la détresse. Les gestes répétés, les plaies profondes, les brûlures, l’utilisation d’objets dangereux ou toute évocation de mort imposent une réponse immédiate. En cas de danger actuel, les services d’urgence doivent être sollicités ; en France, le numéro national 3114 est dédié à la prévention du suicide.
L’automutilation n’a pas toujours la même signification. Elle peut être utilisée pour calmer une angoisse intense, reprendre le contrôle d’émotions envahissantes, exprimer une douleur interne ou mettre à distance un sentiment de vide. Elle peut aussi s’inscrire dans un contexte de harcèlement, d’isolement, de troubles anxieux, de dépression, de traumatismes ou de difficultés familiales. La Organisation mondiale de la santé rappelle que la santé mentale des jeunes constitue un enjeu majeur, notamment parce que les troubles peuvent apparaître tôt et peser durablement sur la scolarité, les relations et la vie quotidienne.
La prise en charge passe par une consultation médicale ou psychologique afin d’évaluer la situation dans son ensemble. Le médecin traitant, un pédopsychiatre, un psychologue, l’infirmier scolaire ou une structure spécialisée peuvent orienter l’adolescent et sa famille. L’objectif n’est pas seulement de soigner la plaie visible, mais de comprendre ce qui conduit au passage à l’acte et de mettre en place des alternatives concrètes lorsque la tension monte. Dans cette démarche, la confidentialité, l’écoute et la continuité du suivi sont essentielles, tout comme l’association des parents lorsque cela protège le jeune.
Pour l’entourage, le défi est de rester présent sans surveiller de manière intrusive. Retirer les objets dangereux peut être nécessaire dans certaines situations, mais cela ne remplace pas l’aide professionnelle. Les adultes doivent éviter les reproches, les menaces ou les promesses de secret absolu si la sécurité est en jeu. Reconnaître la gravité du signal, soutenir la parole et organiser un accompagnement rapide permettent de réduire le risque de répétition. Face à un adolescent qui s’automutile, la bonne réponse conjugue protection, santé mentale et accès aux soins.




