Les Européens ne peuvent plus se contenter d’attendre. Le récent revirement de la Maison-Blanche concernant un accord d’importation de gazole en provenance de Russie soulève des questions sur la fiabilité des partenaires transatlantiques au moment où l’Europe demeure le principal soutien de Ukraine. Dans une chronique, Sylvie Kauffmann met en garde contre les effets de ce type de décision sur la perception qu’ont à la fois Kyiv, Moscou et les capitales européennes de l’engagement américain.
Selon Sylvie Kauffmann, ce basculement renforce l’idée que ni les autorités ukrainiennes, ni les opinions publiques européennes, et vraisemblablement pas les cercles russes, ne peuvent considérer Washington comme un pivot immuable. L’analyse souligne que la confiance stratégique ne se reconstruit pas automatiquement après chaque volte-face et que les décisions sur l’énergie ont un impact direct sur la capacité de l’Europe à mener une politique cohérente vis‑à‑vis du conflit.
Sur le plan pratique, cette situation alimente l’argument en faveur d’une prise d’initiative accrue de la part de l’Union européenne. Les marges d’action concernent la coordination des sanctions, le renforcement des approvisionnements énergétiques alternatifs, ainsi que le soutien militaire et humanitaire à fournir à long terme à Kyiv. La nécessité d’une stratégie commune, à la fois politique et logistique, apparaît comme un prérequis pour réduire la dépendance aux décisions externes et pour affirmer une voie européenne dans la résolution du conflit.
Le constat dressé par Sylvie Kauffmann invite à mesurer les conséquences d’un calendrier international instable : la politique européenne devra composer avec la réalité d’alliés parfois imprévisibles, comme les États-Unis, et accélérer les choix qui conditionneront son influence. L’enjeu est double : préserver la crédibilité auprès de l’Ukraine et conserver une marge de manœuvre face à Moscou, sans dépendre d’initiatives ponctuelles extérieures.




