En 2011, les économistes Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez avaient posé un diagnostic alarmant : l’impôt sur le revenu était selon eux à l’article de la mort. La « lente agonie » de cet impôt né en 1914 « a commencé », écrivaient-ils dans leur livre Pour une révolution fiscale (Seuil), en recensant les signes annonciateurs de sa disparition prochaine : effondrement des recettes au fil des décennies, illisibilité, impopularité le rendant impossible à réformer.
Quinze ans plus tard, le moribond se montre plutôt vaillant. La preuve : tous les ménages français s’apprêtent à déclarer leurs revenus au fisc d’ici au 19 mai sur papier, et au 4 juin sur Internet, la date précise variant selon le lieu de résidence. Et pas loin de 20 millions de foyers vont sans doute devoir payer quelque chose. Depuis une décennie, le nombre de foyers réellement imposés ne cesse en effet de progresser, redonnant un peu de vigueur à cet impôt devenu le symbole même de la fiscalité.
En 2025, plus de 900 000 nouveaux foyers fiscaux (célibataires, couples avec enfants, etc.) sont devenus imposables, portant à 19 millions le nombre de foyers concernés, selon les statistiques dévoilées mercredi 6 mai par le ministère de l’économie et des finances. Cela représente près de 46 % de l’ensemble des foyers fiscaux, contre 43 % en 2016. Cette proportion est à son plus haut niveau depuis dix ans.
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