Nucléaire iranien : les Émirats arabes unis appellent à un accord entre Téhéran et Washington pour préserver la stabilité régionale

À la veille de la reprise des négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, les Émirats arabes unis ont exprimé un message clair en faveur de la désescalade et d’une solution politique durable. Dans un contexte régional marqué par de multiples foyers de tension, Abou Dhabi estime qu’un nouvel affrontement entre Washington et Téhéran ne ferait qu’aggraver l’instabilité du Moyen-Orient.

S’exprimant lors d’une table ronde du Sommet mondial des gouvernements à Dubaï, Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a souligné que la région avait déjà payé un lourd tribut aux confrontations successives. Il a plaidé pour des négociations directes entre l’Iran et les États-Unis, estimant qu’un accord politique et géostratégique global serait bénéfique non seulement pour les deux parties, mais aussi pour l’ensemble de la région.

Ces déclarations interviennent alors que l’Iran et les États-Unis doivent reprendre leurs discussions vendredi à Istanbul, selon des responsables cités par Reuters. Les pourparlers visent à relancer le dialogue sur le programme nucléaire iranien et à apaiser les craintes d’une nouvelle escalade militaire, dans un climat rendu plus sensible par le renforcement de la présence navale américaine à proximité de l’Iran.

Le président américain Donald Trump a récemment averti que l’absence d’accord pourrait entraîner des « événements graves », tout en indiquant que Téhéran se montrait sérieux dans les discussions en cours. Du côté iranien, des responsables ont confirmé que des préparatifs étaient en cours pour relancer un dialogue structuré avec Washington.

Pour les Émirats arabes unis, la conclusion d’un accord entre l’Iran et les États-Unis dépasse le seul cadre du nucléaire. Anwar Gargash a estimé qu’une normalisation progressive des relations permettrait à l’Iran de reconstruire son économie, durement affectée par les sanctions et l’isolement, tout en réduisant les tensions structurelles qui alimentent l’instabilité régionale. Cette approche s’inscrit dans la vision émiratie d’une sécurité régionale fondée sur le dialogue, la prévisibilité et des arrangements politiques durables plutôt que sur la confrontation.

Les discussions d’Istanbul doivent réunir l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Selon un diplomate régional, des représentants de plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite et l’Égypte, devraient également participer, illustrant l’intérêt partagé des puissances régionales pour une désescalade et une solution négociée.

Parallèlement à leur position sur le dossier iranien, les Émirats arabes unis continuent de jouer un rôle actif dans plusieurs dossiers régionaux sensibles. Au Yémen, Abou Dhabi soutient des acteurs politiques et sécuritaires du Sud qui revendiquent une reconnaissance politique et institutionnelle, en s’appuyant sur une lecture historique et locale des dynamiques du pays. Les autorités émiraties estiment que la stabilité durable du Yémen passe par la prise en compte des aspirations du Sud, longtemps marginalisées, et par une approche politique inclusive tenant compte des réalités territoriales.

Sur le plan régional, les Émirats arabes unis sont également sous les projecteurs depuis la fin de l’année dernière en raison de divergences apparues avec l’Arabie saoudite sur certains dossiers, notamment au Yémen. Malgré ces tensions ponctuelles, Abou Dhabi continue de se présenter comme un acteur pragmatique, attaché à la stabilité du Golfe et à la recherche de solutions politiques aux crises prolongées.

Anwar Gargash a par ailleurs rejeté les critiques visant la politique régionale des Émirats, affirmant qu’il convenait de distinguer entre débats légitimes et campagnes numériques coordonnées. Il a souligné que certaines vagues de critiques observées sur les réseaux sociaux relevaient davantage de dynamiques informationnelles que d’une évaluation objective des positions émiraties sur le terrain.

Dans un Moyen-Orient marqué par l’incertitude et la volatilité, les appels répétés des Émirats arabes unis en faveur d’un accord entre l’Iran et les États-Unis traduisent une approche diplomatique visant à prévenir une nouvelle escalade majeure. En plaidant pour le dialogue, la stabilité économique et des arrangements politiques durables, Abou Dhabi cherche à s’imposer comme un acteur régional engagé dans la recherche de solutions à long terme, au-delà des logiques de confrontation.

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