L’APCE demande à l’Algérie de libérer un journaliste français emprisonné

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) s’est jointe à une campagne internationale croissante visant à libérer le journaliste français Christophe Gleizes, après qu’une cour d’appel algérienne a confirmé une peine de sept ans de prison pour des accusations liées au terrorisme. Alors qu’Alger insiste sur l’application de ses lois antiterroristes, les institutions européennes, les groupes de défense de la liberté de la presse et le gouvernement français préviennent que cette affaire risque de criminaliser le journalisme et d’éroder davantage la liberté des médias dans la région.

Selon le rapport de Le Monde et d’autres médias français, Christophe Gleizes, journaliste sportif indépendant de 36 ans dont les travaux paraissent dans Alors pied et Sociétés’est rendu en Algérie en mai 2024 pour enquêter sur l’histoire du club de football de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) et sur la mort du joueur Albert Ebossé. Il est entré dans le pays avec un visa touristique, pensant qu’il ne recevrait pas d’accréditation de journaliste.

Le 28 mai 2024, il est arrêté à Tizi Ouzou alors qu’il travaillait sur l’affaire JSK. En juin 2025, un tribunal l’a condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications à des fins de propagande préjudiciables aux intérêts nationaux », un verdict qui a été confirmé. condamné par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) comme une utilisation abusive des lois antiterroristes contre un journaliste. Le 3 décembre 2025, la cour d’appel de Tizi Ouzou a confirmé cette condamnation, fermant ainsi les voies de recours ordinaires.

Dans un briefing détaillé, Reporters sans frontières (RSF) qualifie ces accusations de « totalement infondées » et souligne que Gleizes a eu des contacts, dans un contexte journalistique, avec des personnalités liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), que l’Algérie a désigné comme organisation terroriste en 2021. RSF rappelle qu’il est actuellement le seul journaliste français emprisonné dans le monde.

L’APCE intervient depuis Strasbourg

Dans une déclaration publiée le 8 décembre, la Rapporteuse générale de l’APCE sur la liberté des médias et la sécurité des journalistes, Valentina Grippo (Italie, ADLE), s’est déclarée « profondément préoccupée » par la décision de la cour d’appel et a exhorté les autorités algériennes à libérer immédiatement Gleizes. Elle a souligné qu’il « faisait simplement son travail » en couvrant la JSK et a appelé au respect de la liberté de la presse et de la sécurité des journalistes. La déclaration est disponible sur le site Internet du Conseil de l’Europe sous le titre « Le rapporteur général de l’APCE demande la libération immédiate du journaliste français condamné en Algérie ».

Pour l’APCE, cette intervention est cohérente avec son travail plus large sur la liberté des médias. En octobre, l’Assemblée a adopté une résolution appelant à la libération des journalistes détenus dans le contexte de l’agression russe contre l’Ukraine et d’autres conflits, une évolution couverte par L’époque européenne. En reprenant le cas Gleizes, l’APCE signale que la sécurité des journalistes reste une priorité non seulement au sein des États membres du Conseil de l’Europe, mais aussi dans son voisinage plus large.

Pression diplomatique depuis Paris et au-delà

Le gouvernement français a réagi publiquement à plusieurs étapes du dossier. Après la décision d’appel, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a publié un communiqué intitulé « Algérie – Confirmation de la condamnation en appel du journaliste Christophe Gleizes »affirmant que la France « regrette profondément » cette décision, réitérant son appel à sa libération et réaffirmant son engagement en faveur de la liberté de la presse partout dans le monde.

Le président français Emmanuel Macron a également qualifié le verdict d’« excessif » et d’« injuste », s’engageant à poursuivre les efforts diplomatiques pour que le journaliste puisse rentrer chez lui, comme le rapportent le programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du CPJ et les médias internationaux français. Des agences internationales telles que Reuters et le Presse associée soulignent que, dans la pratique, de nombreux observateurs considèrent désormais une grâce présidentielle du président algérien Abdelmadjid Tebboune comme la seule voie réaliste vers sa libération.

Les groupes de défense de la liberté de la presse mettent en garde contre un dangereux précédent

Les organisations de défense de la liberté de la presse considèrent l’affaire Gleizes comme emblématique d’une tendance plus large. Le communiqué d’urgence de RSF, repris par un message commun du Alliance sport et droitsqualifie la décision de « décision épouvantable » qui punit un journaliste pour avoir couvert le football et son contexte politique. Le point sur l’Algérie du CPJ de décembre souligne que la même session d’appel a également confirmé ou imposé des sanctions à d’autres personnalités des médias, notamment le chroniqueur Saad Bouakba et un directeur de télévision, renforçant les craintes d’une répression plus large.

Ces organisations affirment que le recours à la législation antiterroriste contre les journalistes a un effet dissuasif bien au-delà d’une seule affaire. Lorsque des entretiens, des documents de recherche ou des contacts avec des personnalités controversées sont traités comme des preuves criminelles, les journalistes peuvent éviter complètement les sujets sensibles, laissant le public sans informations indépendantes sur la politique de sécurité, les mouvements séparatistes ou les abus de l’État.

Lois antiterroristes et rétrécissement de l’espace civique en Kabylie

Les accusations portées contre Gleizes sont étroitement liées à l’approche de l’Algérie envers la région de Kabylie et au mouvement MAK. Comme l’a noté CPJ et les médias régionaux, les autorités ont renforcé les contrôles sur l’activisme politique et la couverture médiatique en Kabylie, un centre de l’identité et de la dissidence amazighe. Les contacts avec des membres du MAK, même à des fins journalistiques, peuvent désormais être interprétés comme des liens avec une organisation terroriste.

Les médias internationaux, notamment France 24soulignent que l’affaire se déroule dans un contexte de relations déjà fragiles entre Paris et Alger, marquées par des différends sur les migrations et le Sahara occidental. Les critiques avertissent qu’en maintenant une peine aussi sévère, l’Algérie risque de nuire davantage à son image à l’étranger et de saper son propre engagement déclaré en faveur de l’État de droit.

Un test pour l’agenda européen de la liberté de la presse

Pour les institutions européennes, l’affaire Gleizes rappelle que leurs déclarations sur la liberté des médias sont étroitement surveillées au-delà des frontières de l’UE. Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne célèbrent tous deux la Journée mondiale de la liberté de la presse avec des déclarations de principe fortes, comme dans le Déclaration de l’UE pour 2025 à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Que ces principes soient soutenus par une action diplomatique soutenue et coordonnée constituera une mesure importante de crédibilité tant pour Bruxelles que pour Strasbourg.

Pour les journalistes, le résultat indiquera jusqu’où les États peuvent aller dans l’application des lois antiterroristes aux reportages ordinaires. Si une enquête sportive peut conduire à des années de prison, nombreux sont ceux qui craignent que les reportages transfrontaliers sur la sécurité, le séparatisme ou la corruption ne deviennent trop risqués, en particulier pour les indépendants sans soutien institutionnel. Comme RSF l’a souligné à plusieurs reprises, « le journalisme n’est pas un crime » – mais l’affaire Gleizes permettra de déterminer dans quelle mesure ce principe est encore valable dans la pratique.

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