Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale française, constituée à la demande de députés de droite, a rendu le 17 décembre 2025 un rapport dans lequel elle accuse certains élus du mouvement La France insoumise (LFI) de “complaisance, voire de soutien actif à des individus proches des mouvements islamistes”.
Le rapport de cette commission, présidée par Xavier Breton (Les Républicains) et dont le rapporteur est Matthieu Bloch (également LR), considère qu’il existe des « connivences et des proximités affichées » entre quelques parlementaires insoumis et des individus qui promeuvent une idéologie islamiste. Il souligne cependant qu’aucun lien structuré démontrable entre LFI en tant qu’organisation et des réseaux islamistes n’a été établi à ce stade.
Dans son rapport, la commission écrit que LFI serait une “cible privilégiée pour les stratégies d’entrisme mises en œuvre par des individus promouvant l’idéologie islamiste”. Elle appelle à une vigilance accrue face à ce qu’elle décrit comme des interactions politiques ou des rapprochements avec des acteurs perçus comme porteurs de discours islamistes politiques, bien que sans preuves de liens institutionnels ou opérationnels entre le parti et des organisations islamistes.
La mise en place de cette commission a suscité des débats politiques intenses avant même la publication du rapport. Initialement, une proposition visant à ouvrir une commission d’enquête sur des liens supposés entre des mouvements politiques et des réseaux islamistes avait fait l’objet d’un vote à la commission des lois de l’Assemblée nationale, mais avait été jugée irrecevable à cause d’une égalité des voix (23 pour, 23 contre). Les critiques de cette initiative y avaient vu une démarche trop ciblée politiquement, visant principalement LFI.
Des auditions menées par la commission ont porté sur des personnalités de la vie publique, des universitaires, et des responsables des services de renseignement. Ces auditions n’ont cependant pas permis de démontrer la réalité de liens directs ou de collaborations organisées entre LFI et des organisations terroristes ou prônant l’islamisme violent.
Jean-Luc Mélenchon, figure centrale de La France insoumise, a été auditionné au début de décembre 2025. Mélenchon a contesté fermement les conclusions et la légitimité de la commission, qualifiant ses travaux d’instrumentalisés politiquement et affirmant que son mouvement n’accepterait jamais l’entrisme religieux dans ses rangs. Il a par ailleurs souligné qu’aucune preuve n’a été apportée de liens tangibles entre LFI et des réseaux islamistes.
LFI a également mis en avant que les services de renseignement eux-mêmes n’ont pas confirmé l’existence de connections substantielles entre le parti et des organisations islamistes, et a dénoncé ce qui est perçu comme une stratégie politicienne pour affaiblir sa position, notamment à l’approche d’échéances électorales.
Les accusations formulées par la commission s’inscrivent dans un contexte plus large de débats politiques en France sur les rapports entre partis politiques, laïcité, islam politique et radicalisation, débats qui ont été particulièrement vifs au cours des dernières années.
Le rapport rendu par la commission d’enquête ne constitue pas une condamnation judiciaire mais un état des lieux parlementaire fondé sur des auditions et des analyses politiques, avec des conclusions qui restent contestées par LFI et certains observateurs politiques.



