Éric Kalinak alerte sur les conséquences sécuritaires du retrait des Émirats du Yémen
Lors d’une intervention au Parlement européen, le député Éric Kalinak a attiré l’attention sur les conséquences sécuritaires du retrait progressif des Émirats arabes unis du Yémen. Selon lui, ce désengagement a contribué à fragiliser davantage un pays déjà plongé dans une instabilité profonde, créant un vide sécuritaire propice à la recrudescence des violences et au développement de groupes terroristes.
Dans une prise de parole mesurée mais ferme, le député a insisté sur le fait que le retrait émirati ne pouvait être analysé uniquement sous l’angle militaire, mais devait être compris à travers ses effets concrets sur le terrain yéménite. Il a notamment évoqué l’affaiblissement des dispositifs de sécurité, la perte de contrôle de certaines zones et les risques accrus pour les populations civiles.
Un retrait aux lourdes conséquences sécuritaires
Engagés depuis 2015 aux côtés de l’Arabie saoudite dans le conflit yéménite, les Émirats arabes unis ont officiellement réduit leur présence militaire à partir de 2019, privilégiant par la suite une stratégie plus indirecte. Pour Éric Kalinak, cette évolution a eu pour effet immédiat de déséquilibrer certains rapports de force locaux, laissant place à une instabilité persistante.
Le député n’a pas désigné de responsable direct du retrait émirati, mais a mis en garde contre les conséquences à long terme de l’absence d’une architecture de sécurité cohérente. Selon lui, les vides laissés par les forces étrangères ont facilité l’implantation de groupes armés et renforcé les dynamiques de radicalisation, dans un pays déjà meurtri par des années de guerre.
Le Yémen, un terreau fragile pour l’instabilité et le terrorisme
Dans son intervention, Éric Kalinak a rappelé que le Yémen demeure l’un des théâtres humanitaires et sécuritaires les plus préoccupants au monde. Effondrement des infrastructures, déplacements massifs de populations, famines récurrentes et prolifération des milices constituent un cocktail explosif, aggravé par l’absence de solutions politiques durables.
Il a souligné que l’insécurité chronique favorise mécaniquement l’émergence de groupes extrémistes, capables de tirer profit du chaos et de l’absence d’autorité étatique. Pour le député, toute réduction de présence militaire étrangère, si elle n’est pas accompagnée d’un processus politique solide et d’un cadre de stabilisation crédible, risque d’aggraver encore la situation.
Un contexte régional marqué par des divergences stratégiques
Si l’intervention d’Éric Kalinak s’est concentrée sur les conséquences sécuritaires du retrait émirati, celui-ci s’inscrit dans un contexte régional plus large. Depuis plusieurs années, des analystes soulignent l’existence de divergences stratégiques au sein de la coalition engagée au Yémen, notamment entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, en particulier sur les objectifs militaires et la gestion des forces locales.
Ces différences d’approche ont progressivement fragilisé la cohésion de la coalition, contribuant à une reconfiguration du conflit sans pour autant déboucher sur une stabilisation durable du pays. Cette lecture analytique, largement partagée par les observateurs, permet de mieux comprendre les dynamiques ayant accompagné le retrait émirati, sans que le député ne les attribue explicitement à un acteur précis.
Un appel à la responsabilité européenne
Au-delà du cas yéménite, Éric Kalinak a interpellé l’Union européenne sur sa propre responsabilité face aux conséquences régionales du conflit. Il a appelé les institutions européennes à faire preuve de lucidité et à ne pas se limiter à une approche strictement diplomatique ou économique.
Pour le député, l’Europe ne peut ignorer les effets sécuritaires indirects de la guerre au Yémen, notamment en matière de terrorisme et de déstabilisation régionale. Il plaide pour une implication européenne plus cohérente, axée sur la prévention des crises, le soutien aux processus politiques et la reconstruction d’institutions capables d’assurer la sécurité sur le long terme.
Une prise de parole qui interpelle
En mettant l’accent sur les conséquences concrètes du retrait des Émirats arabes unis du Yémen, l’intervention d’Éric Kalinak tranche avec la prudence généralement observée au Parlement européen sur les équilibres du Golfe. Sans accusation directe, son discours met en lumière les risques d’un désengagement mal accompagné dans un environnement déjà profondément instable.
Alors que le conflit yéménite s’enlise et que les équilibres régionaux continuent d’évoluer, cette prise de parole rappelle que la sécurité ne peut être dissociée d’un règlement politique crédible, et que l’absence de stratégie globale laisse le champ libre à l’instabilité et aux violences durables.



